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Réparer les vivants > Maylis de Kerangal

Journée Nationale de réflexion sur le Don d’Organes et la Greffe oblige, j’ai lu pour vous « Réparer les vivants », qualifié par le magazine Lire de « véritable évènement de ce début d’année 2014 ». Il a obtenu le Prix RTL-Lire ainsi que celui de France Culture-Télérama et d’autres encores. Le récit d’une transplantation cardiaque n’était pas un sujet aisé ni courant en littérature.

De 5h50 à 5h49 : 24 heures de la vie du cœur d’un adolescent de 19 ans, Simon, déclaré en état de mort cérébrale jusqu’à sa transplantation chez Claire.

Chaque personnage (parents de Simon, soignants…) au cours de cette journée, est présenté dans sa singularité, ses questionnements, ce qui fait de cette histoire une épopée collective.

Dans une interview, Maylis de Kerangal affirme « Je crois fermement que le roman peut accompagner une réflexion en train de se faire ». Ainsi, au-delà du récit, l’intérêt de ce livre est la réflexion qu’il suscite sur le don d’organes, pour soi-même et ses proches : à travers l’annonce de la mort de leur enfant aux parents, leur douleur, la proposition du don d’organes, leurs réflexions à un moment difficile pour eux : faire don du corps de leur enfant alors même que son décès n’est pas concret pour eux.

Selon l’Agence de biomédecine, actuellement, près d’un prélèvement possible sur trois est ainsi refusé par la famille.

Même si la chaîne de prélèvement et de greffe se perfectionne d’année en année, il arrive que des patients décèdent en liste d’attente, faute de greffe à temps.

Les interrogations de Claire : Que deviendra mon ancien cœur ? Et encore : « Ce qui la tourmente, c’est l’idée de ce nouveau cœur, et que quelqu’un soit mort aujourd’hui pour que tout cela ait lieu, et qu’il puisse l’envahir et la transformer, la convertir(…) ». « Si c’est un don, il est tout de même d’un genre spécial. Il n’y a pas de donneur dans cette opération, personne n’a eu l’intention de faire un don, et de même il n’y a pas de donataire, puisqu’elle n’est pas en mesure de refuser l’organe, elle doit le recevoir si elle veut survivre, alors quoi, qu’est-ce que c’est ? »

Points faibles
Des phrases longues, surtout au début, de longues descriptions, des phrases très travaillées : le style ne m’a pas vraiment plu

Points forts
Un sujet grave traité avec sérieux et technicité : les différentes étapes de la greffe sont expliquées sous forme romancée, le lecteur les visualise et se sent au « cœur » des opérations

Du suspense, un ton humain donné à des situations émotionnellement difficiles

Mon point de vue
Un magnifique roman-document, prétexte pour réfléchir à sa position concernant les dons de ses propres organes, ceux de ses proches, au cas où…

(…) il ne reste qu’une chose aux vivants : regarder ce qu’est la mort, ce que peut être la réparation, ce que deviennent ceux qui restent. Maylis de Kerangal

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A propos de Littérature et Santé

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