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Le diabète, c’est toute ma vie !

La découverte du diabète en 1967, c’était comment ? Avoir 12 ans cette année-là, se découvrir atteinte de diabète, alors qu’on est la dernière fille après 3 garçons, un peu frêle et déjà très couvée par sa mère…

Le titre du livre n’est pas vain : la vie de la narratrice et de sa famille s’est construite autour du diabète. Il est, a été, toute sa vie. 
Prénommée Suzile dans le livre, Francette Duthé nous raconte son parcours de vie et comment le diabète l’a infléchi, en 14 chapitres et 2 parties : I- L’isolement  II- Le rattachement.

1. Le traitement du diabète a bien évolué
Tous les matins, durant les premières semaines qui suivent la découverte de mon diabète, ma mère et moi prenons le bus, puis nous devons marcher longtemps pour nous rendre à la clinique car c’est mon pédiatre qui, au vu des résultats de mes analyses d’urine de la veille, décide de la dose d’insuline… 

Il faut faire bouillir, pendant au moins 10 minutes, la seringue en verre et les eux aiguilles munies de mandrin, l’une très grosse, pour prélever l’insuline du flacon, l’autre, plus fine, pour me piquer. Je dois ensuite les laisser refroidir ou bien accepter de ma brûler les doigts quand je suis trop pressée.

Heureusement qu’avec une éducation, les lecteurs de glycémie qui donnent aujourd’hui les résultats en 3 secondes, les stylos d’injection, toutes ces démarches sont inutiles.

2. Le diabète, un coup de tonnerre dans un ciel serein
L’ensemble de ma famille considère ma maladie comme une catastrophe et envisage avec pessimisme les conséquences de ce handicap, tant du point de vue professionnel que social, familial et affectif.

L’auteur nous parle du choc reçu par son frère quand il a appris que sa sœur ne guérirait pas, de l’impact sur sa mère, au point qu’elle renonce à un emploi pour s’occuper de sa fille, qu’elle pense même à « les suicider » pour éviter la déchéance (les complications du diabète) qui ne manquera pas d’arriver…

Ces passages sont très émouvants et le lecteur ressent très fortement l’injustice, telle qu’elle est perçue par les membres de la famille.

3. Une insertion professionnelle difficile
C’est l’aspect du livre qui m’a le plus bouleversé, surtout quand elle dit « Sur mon curriculum vitae, je mentionne à chaque fois mon état de diabétique insulino-dépendante, comme il est conseillé de le faire. En cas de malaise sérieux, il est bon que les collègues connaissent la marche à suivre pour y remédier, et je n’ai pas l’intention de le cacher ».

Ce n’est pas ce qui est conseillé aujourd’hui aux personnes atteintes de diabète et la loi l’empêche par ailleurs Cf www.afd.asso.fr

4. Le rôle crucial de l’association locale des diabétiques dans son insertion sociale
A défaut d’insertion professionnelle, elle se rend à une manifestation de l’association locale suite à la parution dans le journal d’une petite annonce. Elle fait la rencontre d’autres personnes, d’autres vécus avec le diabète, s’investit pleinement après des débuts difficiles.

« Le bénévolat au sein de l’association me permet de me tourner vers autrui activement. Je passe de ma vie en solitaire à ma vie en solidaire ».

5. Le diabète, comme une identité
Les difficultés de la vie avec le diabète ont été nombreuses : sensation de frein, de limites dans ses activités, dans son insertion professionnelle, sociale, par exemple : « pas question d’émigrer dans une autre ville, pour cause de diabète ».

La narratrice a intégré le diabète dans son quotidien au point qu’elle en fait une partie d’elle-même « Le diabète est un support de vie. Comme une raison de ne pas m’écrouler totalement. Il me donne une force intérieure ».

Plus fort encore : « Si je n’étais plus diabétique, j’aurais l’impression de ne pas me reconnaître ». L’intégralité du passage d’où est tiré cette phrase vaut d’être lu.

Points forts
La narratrice réussit à nous embarquer dans son récit et à nous faire ressentir très profondément les sentiments évoqués

Un avant-propos de présentation du diabète, même si on ne sait pas qui l’écrit
Une belle force de vie se dégage de ce livre

Points faibles

Peut-être les dernières parties, plus romancées je pense, de son histoire d’amour

Mon point de vue : Un témoignage incontournable, à avoir dans sa bibliothèque

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A propos de Littérature et Santé

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